A nous la capitale du canada ! Au lendemain de Noël, nous nous sommes offert une virée en outaouais chez les ottaviens. Les filles fantasmaient fort ce beau voyage de fête, et nous aussi. Réveil à 5h30 ce jeudi 26 décembre, donc, pour gagner à pied la gare routière de Montréal, et attraper le car de 7 h pour Ottawa. Nous avons chaussé tout ce que nous avons de bottes et enfilé un bon volume de collants, pantalons et autres duvets, car nous ne serions de retour que le lendemain à 1 heure du matin.

Dans la collection "photo de départ", je voudrais la nocturne ...

Nous avons été débarqués en plein cœur de la capitale, à 9h30. Avec bien en tête notre plan de visite des lieux en vue de la capitale : on était prêts !

Ottawa semblait bien ĂŞtre Ă  nous ... seuls !

Toutes les jolies tournures du site touristique officiel de la ville tourbillonnaient dans nos tĂŞtes...

Un pâté de maisons au sud de la Colline du Parlement, vous trouverez la rue Sparks, une voie piétonnière historique nichée en plein cœur d’Ottawa et de son agitation.
La Colline du Parlement est l’un des sites les plus emblématiques du Canada et un attrait incontournable (...) Avec ses grands espaces verdoyants, ses dizaines de monuments et la Flamme du centenaire symbolique, les terrains de la Colline du Parlement sont un endroit accueillant et photogénique.
Enfin, ajoutez à ces expériences des activités qui enthousiasmeront vos enfants pendant la journée.
Venez déambuler avec nous dans quelques-uns des quartiers d’Ottawa où vous vous sentirez à votre place et oublierez que vous êtes un touriste !

Il nous était tombé dans l'oreille le terrible expression "Ottawa, c'est plate". Maintenant, il nous sera difficile de répondre "Meuh non, c'est la capitale, quand même ?!"

Franchement, pour être honnête, nous avons finalement passé une bonne journée, froide, glaçante, mugissante, solitaire, mais bonne journée !

Nous avons découvert une ville à la structure étonnante, articulée autour d'un grand canal, le Canal Rideau, qui relie Ottawa sur la Rivière des Outaouais, à la ville de Kingston sur le lac Ontario. C'est le plus vieux système de canaux toujours en activité en Amérique du Nord ! Il y a 47 écluses et 22 postes d’éclusage : ci-dessous l'échelle de 8 écluses à l'embouchure de la rivière, encore aujourd'hui manipulées à la main !

Lorsque le canal est suffisamment gelé, il devient la plus grande patinoire du monde, selon le livre Guinness des records !

Tout cela, juste au pied d'une célèbre colline, à gauche sur la photo : La "Colline du Parlement". C'est sur cette colline en effet que la reine Victoria a choisi en 1857 de construire les édifices abritant le Parlement du Canada, malgré d'après les opinions de certains illuminés de l'époque, qui auraient eux voté pour d'autres villes mieux établies telles que Kingston, Québec, et Montréal. Au crédit de la reine, "Ottawa était placée entre la population francophone du Bas-Canada et la population anglophone du Haut-Canada ; Ainsi, la capitale nationale, étant centralisée, ne serait-elle pas sujette à des disputes linguistiques. La distance entre la ville d'Ottawa et la frontière américaine fut un atout très important." (wikipédia)

Ottawa est aussi célébrée pour l'ambiance de son marché, le Marché By : je préfère vous proposer le commentaire du guide touristique que le mien.

Les locavores, les fashionistas et les fêtards adorent le quartier historique et piétonnier du Marché by. Le coin déborde de boutiques, de cafés, de restaurants et de bars uniques, au point où vous devrez visiter plus d’une fois le plus vieux et le plus dense des quartiers d’Ottawa.

A moment-là, le doute mettant notre esprit de fête en péril, nous nous sommes réfugiés dans un pub irlandais pour réchauffer nos corps, rassembler nos esprits.

Puis il s'est passé quelque chose : on a retrouvé les Ottaviens !

Ils Ă©taient lĂ  :

Ça, c'est le Centre-Rideau, et le 26 décembre c'est le "boxing day" ! Respectivement, il s'agit d'un centre de magasinage de quatre étages (du moins nous en avons eu quatre dans l’œil simultanément !), et des soldes d'après noël. Ça sent plein de choses à la fois, ça brille, ça monte et ça descend, ça se divise en milliers de sacs et se reforme en centaines de paquets de sacs...

On est tous resté très dignes et insensibles à la débauche, jusqu'à la découverte du magasin Lego !

50% de réduction pour le boxing day sur notre dernière version du jeu des 7 différences :

Dans l'après-midi, nous avons franchi la rivière des Outaouais gelée, alea jacta est.

Notre destination : le bâtiment au toit vert, ci-dessus. C'est le Musée canadien de l'histoire. L'architecture elle-même vaut le détour. Les intentions de Douglas Cardinal, son inventeur :

« Sur ce grand continent où vit notre vaste et diverse nation, je pouvais sentir le temps, le rythme du temps et l'action de la nature sur les formes du sol. Je pouvais sentir que le relief avait été sculpté par les éléments et les forces de la nature, par le vent, la pluie, le mouvement de l'eau, la chaleur du jour, la fraîcheur de la nuit, les saisons. Je sentais que l'architecture du musée devait exprimer l'évolution des formes de la nature. »

Cardinal voulait bâtir un édifice en harmonie avec le sol, en respect de l'esprit des cultures autochtones canadiennes. Représentation symbolique des couches sédimentaires de la terre, l'édifice devait aussi incarner les nombreuses cultures qui ont bâti le Canada.

Nous avons été unanimement conquis par la collection d'art des premières nations, qui rassemble aussi bien des œuvres ancestrales, telle la plus grande collections au monde de mâts totémiques, que des créations contemporaines :

On adore la poésie de la datation qui résiste à la muséification ...

Sur deux autres niveaux, on découvre des objets historiques qui nous permettent de comprendre le long processus de construction de l'identité canadienne : ça nous parle de cultures autochtones, d'invasions, de négociations, d'expansions, de violence, de guerre, de métissage... Ça se construit comme une légende de melting-pot, avec tout ce que ça contient d'espoir, d'incompréhension, de domination, d'utopie et de déception. On lit une quantité impressionnante de nationalités sur les étiquettes et panneaux explicatifs : Algonquins, Piikanis, Beothuck, Kwakwaka’wakw (!!), Haïdas, Haudenosaunee, Hurons, et puis Français, Anglais, Américains...

Dôme de ciel artificiel et nos deux enfants, penchées sur la question de l'introduction de la chapelle dans ce vaste problème identitaire ...

On sort de ce grand musée en se disant qu'il est bien compliqué de se dire Canadien aujourd'hui. Douglas Cardinal avait saisi un sacré truc avec son concept poético-architectural, non ?

Pour la conclusion de cette épopée, nous avons trouvé une table dans un restau italien. Après les Leprechaun, les filles ont pu colorier des pizzas (c'est sûr qu'on a perdu en complexité de représentation culturelle...).

Puis l'heure du retour est arrivée, et nous avons refait le chemin dans le sens inverse, bien tard dans la nuit.

NB : Olive se tient à votre disposition pour vous expliquer comment chasser le bison en masse avec une falaise et quelques copains motivés.