C'est notre premier Thanksgiving. Ou plutôt notre première Action de grâce pour faire mieux québécois. Un petit tour sur wikipédia nous apprendra que "Historiquement, Thanksgiving était un jour de fête dans les sociétés européennes paysannes durant lequel on remerciait dieu par des réjouissances pour les bonheurs que l’on avait pu recevoir pendant l’année." Ça se passe en Novembre pour les états-uniens, et en octobre pour les canadiens...

Certains seraient tentés d'y voir une sorte de flou dans la pensée gracieuse, MAIS ! là n'est pas la question. Surtout que quelques paragraphes wikipédiens plus tard, on nous dit que certains chercheurs avisés se permettent sans notre aide de douter de la version actuelle et officielle des origines des célébrations. Voyez vous même :

" (...) En mai 1637, un marchand local du nom de John Oldham fut tué. Les pèlerins décidèrent que la tribu autochtone des Pequots était responsable de cette mort. Le principal village de la tribu, situé sur les bords de la Mystic River fut détruit, ses habitants exterminés. (...) C’est le lendemain de ce massacre que le gouverneur William Bradford décréta "une journée d’actions de grâce pour célébrer notre victoire sur les Pequots". C’est donc selon cet auteur une extermination que fêtent, sans trop le savoir, les Américains."

Voilà voilà, le billet s'annonce glauque. Pour remettre tout le monde à l'aise dés à présent, nous nous accorderons sur le fait qu'en tout cas, aujourd'hui, tout ça s'est laïcisé, et que le monde américain du Nord nous fait la grâce d'un lundi férié ! Grand bien nous fasse ! Nous en avons profité pour partir en long weekend et découvrir les "Couleurs", en plein cœur des Laurentides.

Vendredi soir, donc, on prépare nos tuques, nos chaussures à crampons, et une bonne attelle pour l'os qu'Airelle s'est fêlé à la naissance du poignet gauche sur le terrain de soccer, et, à la débauche, suivant le flot des Montréalais en transhumance, on part.

Direction le "Petit lac Mac Donald", où nous attend un charmant chalet de rondins de bois bien frais, son tas de bûches à brûler, et une bonne immersion dans la nature, entre lacs et érablières.

On arrive à la nuit tombée, à l'aveugle, mais au réveil on découvre à quoi ça ressemble, et on n'est pas déçu ! Le bruit mat de la hache d'un bûcheron sonne à l'aube à l'orée du bois (merci Georges pour le calibrage des bûches pour le poêle!), on ouvre les yeux, et ça scintille par la fenêtre.

Le lieu est très très cool, pour tout vous dire ! Le chalet est cosy, et bien réchauffé après quelques heures de réactivation du poêle. L'environnement est parfaitement calme et serein, et ça, je vous  jure, sans qu'on y ressente le moindre vide ou idée d'ennui : c'est beau, c'est ouvert, ça respire. C'est bon !

Bien emmitouflés, on a trouvé quelques idées sympas pour profiter de l'aubaine, et tout ça en "couleurs", puisque c'est ainsi qu'on nomme l'effet automnal dans ce joli coin de terre !

La balade au bord de l'eau :

La découverte des sentiers forestiers, bordés d'érables bien sûr, mais aussi de boulots et d'authentiques thuyas sauvages :

La recherche de curiosités :

Le transport de troncs :

La recherche de réseau :

Le farniente sous le auvent :

Parmi les occupations préférées des filles, la cueillette de l'asclépiade. Merci à Airelle pour sa séance de botanique et son initiation aux petits plaisirs cotonneux de cette fleur des érablières (un rien perruche d'après certains observateurs), découverte auprès de sa chouette maîtresse, Ariane :

Il y a eu aussi cette traversée étonnante d'un centre musical perdu au milieu des lacs ...

Après ces trois jours à part, ce lundi soir, nous sommes de retour dans la grande ville de Montréal, des couleurs plein la tête.

- Who's to thank ?

- On ne veut pas le savoir !