Né en 1626 en l'actuelle Châlons-en-Champagne, Jean Talon était bien sûr le premier intendant de la Nouvelle-France, qu'il transforma de manière décisive par des choix aussi audacieux que pertinents au 17ième siècle, comme chacun sait, je ne reviendrais pas sur ces lieux communs bien connus.

D'autre part Saint Joseph, bien que présent dès l’Évangile selon Matthieu (mais aussi selon Luc qui était un bon ami - de Matthieu, pas de Joseph), est également présent dans le Protévangile de Jacques, composé au IIième siècle de notre ère, ce qui est stupéfiant à plus d'un titre, notamment dans la mesure où peu de gens savent ce qu'est réellement un Protévangile. Mais là n'est pas la question.

Ces considérations historiques nous ont logiquement amené à composer une journée combinant une visite au marché Jean Talon, emblématique de Montréal, et une escapade vers l'oratoire Saint Joseph, non moins emblématique bien qu'un peu plus en chantier que le marché, qui est déjà un beau bazar.

Mais comme souvent tout commence par un tour en métro, cette fois sur la ligne bleue qui nous était encore inconnue.

La ligne bleue (allégorie).

Le marché, comme souvent, est un vaste étalage de victuailles en tout genre, pleins de senteurs et de fruits et légumes disproportionnés pour nos yeux européens. Il y a des airelles, des olives, avec ou sans majuscules.

Le temps était un peu gris, voire carrément humide aussi, on va pas se mentir.

Il était ensuite temps d'aller voir du côté de l'oratoire pour tenter de comprendre enfin ce qu'est un Protévangile, et en quoi cela était directement lié à l'efficacité en matière d'intendance de Jean Talon le châlonnais en tant qu'administrateur de la Nouvelle-France au 17ième siècle. Nous n'allions pas être déçus.

En effet, non content d'être le point culminant de l'île de Montréal (300 mètres, même le massif armoricain fait mieux avec 416 mètres), le dôme de l'oratoire est également, et c'est à peine croyable, le lieu de pèlerinage le plus important dédié à Saint Joseph à travers le monde. Actuellement les pèlerins doivent malheureusement composer avec les grilles de chantiers et les godets de pelleteuse, mais tout ça est pour la bonne cause :

Le projet tel que vendu par le promoteur.

Pour l'instant il faut faire preuve d'un peu d'imagination (et je ne parle pas que de la météo) :

La grue était pile alignée avec l'avion.

Nous avons la chance d'arriver dix minutes avant un concert d'orgue dans l'impressionnante basilique :).

Finalement le lien entre Jean et Joseph ne s'est pas avéré être si frappant que ça, l'énigme du Protévangile reste entière et le maïs doux bouilli ne vaut pas une queue de castor, mais c'était quand même pas mal.